Question : quand on mesure 1,57 m, qu’on pèse 47 kgs et qu’on est une gonzesse, est-il possible de conduire une superbike de 200 ch sur le TRÈS rapide circuit de Spa Francorchamps, sans s’envoler ?

Oh là là, Oh là là, ce week-end j’ai découvert le mythique circuit de Spa Francorchamps (article coming soon), mais aussi posé mes fesses pour la première fois, sur une bécane de 200 bourrins : la fameuse S 1000 RR de chez BMW !

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Bénissez-moi mon Père Ducat, car j’ai pêché ! Oui, je le reconnais, j’ai trompé Panini et me suis laissée tenter par le diable BMW… Pire encore… j’ai aimé ça, sacrilège !!!! Bon, en guise d’eau Bénite, j’ai bu une bière, suis-je pardonnée ?

« Allez, à moitié ma fille… au moins il est rouge et, un diable rouge en terre belge, quoi de plus naturel ?! Amen ! »

Et puis, c’était pas vraiment gagné cet essai :

Tout commence avec un briefing personnel pour m’expliquer comment marche cette incroyable machine bardée d’électronique :

Bon alors Lili, là, tu vois, en sélectionnant le mode « Slick », tu peux faire évoluer les suspensions et libérer le moteur et cela tout en roulant,  juste en actionnant ce bouton !

Bon, ok, mais pour découvrir cette démoniaque 1000 qui va, en plus me foutre en l’air mon brushing sous mon casque, j’avoue ne pas être certaine de penser à cette option ! Pas grave, si ça tortille du cul, je vais serrer les fesses, j’ai l’habitude avec Panini 😉

Et puis là, tu as aussi toute la télémétrie embarquée… tu vois cette colonne de chiffres, elle te permet de voir la façon dont tu gères ton frein.

Moi, j’ai retenu : 12 c’est pas bien, entre 8 et 10 c’est top ! Ok, çà c’est noté les mecs 😉

Attends, regarde ces deux chiffres, ça te donne ton degré d’inclinaision avec la moto...

Oh c’est bon çà ! On va voir si je suis toujours aussi bonne en trigonométrie !

Bon, blablabla, c’est quand, qu’on roule ????

Alors là, je pense que j’ai dû leur foutre le gros doute aux organisateurs quand j’ai même pas trouvé comment démarrer la bécane ! Oh, là, là, la p’tite, elle va nous fumer l’allemande au premier virage !

Passé ce court moment de solitude « blonde », j’ai démarré le diable rouge et moi, j’ai commencé à trépigner sous mon casque ! J’allais découvrir le monde du 4 cylindres…

À peine un tiers du circuit pour vous dire combien déjà, je jubile le cul posé sur cette BM ! Dès les premières accélérations, je me sens en toute confiance et loin de me faire peur, cette puissance devient même addictive. De virages en lignes droites, cette moto s’avère redoutable de facilité et l’électronique omniprésente ne peut que rendre ce monstre de puissance, très rassurant. Passé le Raidillon, j’attaque la ligne droite du Kemmel poignée vissée et, observe les petits points au loin devenir de plus en plus gros ! Je comprends mieux les « As de l’accélération en ligne droite »… Trop facile !

Cette moto a une sorte de double effet « kiss cool », le choc de la puissance avec le plaisir de la douceur. Plus je me détends, plus je me prends un coup de pieds au cul sur chaque accélération et tout ça dans une sonorité qui devient de plus en plus agressive dès que l’on monte dans les tours. Çà gueule !!! J’adore !

Le gabarit affûté de cette belle bavaroise te fait oublier que tu as une 1000 sous les fesses et la partie-cycle de cette grosse cavalerie s’avère « easy » !

Et c’est pas fini, laissez moi vous parler d’un truc juste génialissime : le Shifter Pro ! C’est simple, tout comme la péridurale, çà devrait être obligatoire ! Ce système « Up and Down », te permet de monter les vitesses sans débrayer ni couper les gaz, et de rétrograder sans utiliser le levier d’embrayage ! La moto gère tout, même le petit coup de gaz dont la mélodie tonitruante a réveillé le « kéké » qui sommeillait en moi 😉

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C’est déjà la fin de la session et il est temps de rendre ce diable rouge à ses propriétaires 🙁

Je retourne sur la pite-lane, un peu à contre-coeur, mais avec la banane sous mon casque.  Car oui, plus je regarde la ligne affutée de cette superbike, plus je reste persuadée que derrière le regard perçant de cette magnifique moto, se cache un démoniaque personnage qui ne cherche qu’à me convertir à la Deutsch Marque !

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Alors Lili, elle est comment ?

Mais juste Diiiiiiingue !!!!!! J’ai encore du mal à croire que je roulais sur une S 1000 RR, tellement la prise en main de cette moto à été facile et son comportement incroyablement rassurant sur la piste ! Après analyse des résultats sur le tableau de bord, j’ai en plus découvert ma prise d’angle dans les virages :  56° à gauche et 58° à droite ! MM93  a du soucis à se faire 😉

Non seulement, j’ai pris un pieds « d’enfer » avec cette moto à hélice, mais j’ai surtout fait tomber l’appréhension de rouler avec beaucoup plus de bourrins sous le cul. Cerise sur le gâteau, cet essai m’aura permis de rouler avec beaucoup plus de facilité avec Panini sur la session suivante.

Mais le diable germanique n’aura pas réussi à totalement voler mon âme italienne et mon coeur reste latin pour le pire, mais surtout le meilleur !!

Alors réponse : oui, un modèle réduit comme moi peut tout à fait se dépatouiller d’un monstre de puissance et prendre du plaisir sans se faire peur.

Et comme dit Troy Corser: « les chevaux sont dans le poignet, c’est toi qui les lâche… ou pas »

Allez les filles, laissez-vous donc tenter par le diable 😉

 

Lil’Viber 😉

Merci encore à EYBIS qui m’a permis de faire cet essai et qui organise les BMW Motorrad Track Days sur les plus beaux circuits d’Europe avec la participation du grand Troy Corser. Plus d’informations sur www.eybis.com et sur mon article « un mois, un circuit : circuit de Spa » coming soon 😉

Crédit photos : Lil’Viber