Une semaine avant la première manche de la Women’s Cup 2018 en ouverture des 24h du Mans Moto, Panini me fait un caprice en décidant de se mettre en grève. Mes 2 derniers entraînements annulés, c’est avec la boule au ventre et une confiance pas encore retrouvée que je prends le chemin du circuit Bugatti pour aller affronter 56 nénettes prêtes à en découdre sur la piste…

Après un hiver bien long et bien pluvieux, la saison allait vraiment démarrer avec la première manche de la Women’s Cup, devenue entre-temps officiellement « Championnat de France Féminin moto vitesse » ! Depuis des mois je me prépare, physiquement et moralement en essayant surtout de retrouver la confiance perdue depuis ma lourde chute au Bol d’Argent en septembre 2017. Panini elle aussi, a eu droit à une petite cure de jouvence, bichonnée entre les mains expertes de Titi, my « Best Mecano » et de Franck Thorn Bike, le grand manitou des réglages motos ! Mais, lors d’un entraînement à Dijon, voilà que Madame boude 10 jours à peine avant de partir. Ce n’est que 2 jours avant de prendre la route que la panne est enfin trouvée : un fusible ! La panne à 2 euros … ou comment un aussi petit truc peut il foutre autant de bordel et de stress ?!!

Mercredi 18 avril : Essais libres

Comme d’hab on arrive tôt … vers 2 heures du matin. Jean-Luc nous attend en dormant dans sa voiture le pauvre. On rejoint le paddock et c’est là que tu chéris ta nouvelle roulotte qui te change radicalement la vie en te permettant d’avoir directement un peu de sommeil avant d’attaquer les essais libres du lendemain matin.

Inscription en poche, c’est assez tendue que j’attaque mes premiers tours de roues avec un seul objectif : valider que Panini est définitivement sortie de sa grève !

Evidemment « tendue comme un string » depuis des jours, je ne roule pas comme je le souhaite, les chronos ne sont pas là, mais Panini, elle, a retrouvé tout son souffle !

Il est temps pour moi de me relâcher, de laisser derrière moi tous les tracas de ces derniers mois, et de maintenant profiter de l’ambiance magique que je retrouve dans les paddocks avec mes amies pistardes …

Jeudi 19 avril : Essais chronométrés

Jour 2. Après une bonne nuit de sommeil je me sens déjà plus reposée pour attaquer les essais chronos de l’après-midi. Fait exceptionnel, un soleil de plomb illumine cette semaine, du jamais vu depuis des années ! Et franchement, ne plus se cailler les miches et patauger dans la flotte durant une semaine comme les 2 années précédentes, ça vous change vraiment la vie.

Cerise sur le gâteau, Madame Panini, que l’on ne veut plus vexer, a droit à un traitement de faveur en allant squatter le box du YART. Elle bénéficie ainsi de toute l’expertise Bridgestone de mon ami Peter. Le moral est revenu et la pression retombée… les chronos tombent aussi petit à petit, même si je n’arrive toujours pas à faire descendre « mon trouillomêtre » en rentrant dans la Dunlop. Frustrée d’être tout juste en 1,50, je rentre tout de même contente d’avoir tenté de nouvelles choses sur ma moto, de nouvelles trajectoires, dont une qui m’a valu un gros moment de solitude au fond de l’échappatoire du virage de la Chapelle, oups ! Demain sera un autre jour : celui des qualifications…

Vendredi 20 avril : Qualifications et Finale B

L’odeur de la course me monte à la truffe … Exit le côté détendu des essais et les rigolades dans les paddocks avec les filles. Il est temps d’aller mettre du gaz sur la piste. Chercher le meilleur chrono pour de se placer au mieux sur la grille de départ. J’essaye de me mettre dans un bon rythme dès le départ, mais me retrouve rapidement dans du traffic. Un oeil sur le panneautage au passage dans la ligne droite des stands, me fait remarquer que celui-ci a disparu depuis quelques tours… un message « on ne peut plus clair » de mon Team, directement compris… il est temps que je me mette un coup de pied au derch et que je sorte enfin de ma zone de confiance !

Concentrée à mon maximum dans la Dunlop, j’arrive enfin à rentrer plus fort, genou par terre … il est là mon tour chrono ! Mais en fait non. Quelques virages plus loin je dois couper mon effort en me retrouvant encore dans les embouteillages !

Drapeau à damier agité, je boucle ces qualifications en un 1’49″7, ce qui me qualifie directement en finale A avec, la 6ème place sur la grille de départ. Je ne m’étais pas trompée sur mon ressenti de best time, car le débrief avec mon team me fait savoir que j’avais, dans ce tour là, 1,5 seconde d’avance sur mon plus mauvais secteur, laissant espérer un gros 1,47. Ce qui a laissé sur sa faim mon homme au panneautage qui commençait à sauter de joie …

L’avantage de réussir tes qualifications du matin, c’est que tu peux profiter de toute ton après-midi au soleil. Mais en plus cela permet d’aller encourager et voir les copines qui disputent la finale B. Mais avant tout çà : barquette de frites et glace italienne, régime de sportif de haut niveau ! C’est donc le coeur léger et le bide bien rempli, que nous sommes allés voir la baston de chignons sur la piste. Une incroyable course, avec la victoire d’Anna, une italienne partie en fond de grille de la dernière place en raison d’une pénalité. Mais, çà a surtout été un moment d’intenses émotions en voyant mon coup de coeur de ces 24 h du Mans mener sa course et finalement faire un magnifique podium. Anouck, tout juste remontée sur une moto après avoir vécu le pire suite à un grave accident de la route en moto, cette incroyable femme m’a foutu les larmes aux yeux en prouvant que la volonté et la passion peuvent terrasser la douleur et les doutes…

Samedi 21 avril : Course Finale A

Une courte nuit où j’ai eu du mal à trouver le sommeil. Bercée par les rupteurs des « Gaulois » jusqu’à l’aurore. Je n’ai pas compté les moutons pour m’endormir, mais refait 100 fois le tracé du circuit dans ma tête. Bouchons d’oreilles et casque anti-bruit de mon fils sur la tête, rien à faire, l’excitation de la course a été plus forte que le marchand de sable.

Nous y voilà ! La pré-grille, un moment d’excitation intense. Le coeur bat la chamade et mes yeux sont rivés sur le feu rouge. Je dois bien partir pour essayer et espérer coller au train du groupe de tête. Il s’éteint et je soude la poignée. Mais catastrophe, je pars en wheeling ; Panini cabre et je reste scotchée sur place. Les motos me passent de tous les côtés, tandis que le groupe de tête prend le large. Enfermée dans la chicane, me voilà avec une bonne dizaine de places perdues en quelque secondes.

Alors je donne tout, sans plus me poser de questions. Je remonte les places les unes après les autres dans le traffic. Panini est juste incroyable et moi, j’ai sorti mon cerveau de blonde (celui qui ne freine pas 😉 ). Il faut remonter, sans couper, sans perdre trop de temps. Jusqu’au moment où juste avant de doubler une concurrente dans le virage du musée, un drapeau jaune s’agite devant mon nez. Bonne élève, j’ai bien retenu qu’il ne faut pas doubler sous drapeau jaune, et … je chope les freins comme un goret ! Panini part en stoppie puis entame la danse du guidonnage, m’éjectant sur le réservoir. Je relâche légèrement le guidon et comme par magie, ma belle reprend sa trajectoire… freinage de « trappeuse », çà c’est fait !

J’ai bien failli m’envoler, par deux fois d’ailleurs, mais bizarrement cela ne m’a pas fait douter pour autant, ni ralentir. Je poursuis ma frénétique remontée, jusqu’à ce que j’aperçoive au loin le derrière de la ZX10R qui me devance et qui occupe la 6ème position. Lili, tu peux le faire et c’est le couteau entre les dents que je me suis mise en chasse de la grosse japonaise 😉

2 tours avant la fin, je réussis à la passer et à garder mon rythme jusqu’au drapeau à damier… voilà I did it again ! Faire une course plaisir, une course folie, une course émotion, une course finalement contre moi-même… car ma plus grande adversaire ce fut bien d’affronter ma peur et mes doutes.

Samedi 21 avril – 15h00 : Lady Bike

Remise de mes émotions et de ces batailles sur la piste, je suis allée passer un vrai moment d’échange et de partage avec de nombreux(ses) passionné(e)s à l’espace Lady Bike. Merci encore à tous les adorables messages de soutien que j’y ai reçu. Merci à mes partenaires d’avoir joué le jeu en me permettant de venir les bras chargés de nombreux cadeaux. Merci à Audrey de Test Your Fun / IRC Components d’être venue m’accompagner sur cette première compétition de l’année. Merci à toutes les copines et les copains d’être venus partager ce moment à mes côtés.

Il y a 3 semaines, une tripotée de gonzesses, toutes vêtues de cuir, ont cravaché sur leurs fidèles destriers. Elles ont surtout montré que les femmes ont leur place sur la piste et qu’elles sont capables de belles performances. Margaux, Mélodie, Nordhalle, Gaëlle et toutes les autres… un grand, grand bravo !

Rendez-vous pour le round 2, à Magny-cours dans un peu moins de 3 semaines…

 

Lil’Viber 😉

Merci plus que tout à mon Team, ma joyeuse équipe, sans qui rien ne serait possible. Hadi, Thierry, Jean-françois, Jean-Luc, Valentin vous êtes le carburant de mon moteur…

Merci à tous mes partenaires : Bridgestone / Medicis Patrimoine / Bihr / Bell / RST / Delerue L’Expérience Moto / EYBIS / SIXS / iPhone / Société Stickersshop / Evo X Racing / Aerographik / Zydus France / VM Graphik / Alure Communication / Dal Zotto Paris / IRC Components / Test Your Fun / Ducati / Riding Sensation / Pole Position 77 / Stickersdeluxe / Jean-Luc Couesme

Crédit photos :

Jean-Luc Couesme

FDB Photography 18

MB Photographie

Delerue Photography

MotoManiaque