Un coup de foudre ça n’arrive pas que dans les films ! je parle du vrai, celui où, de manière instantanée, ton coeur s’emballe juste à la vision de l’être aimé. Celui qui te fait foncer tête baissée sans te poser la moindre question. Ce coup en plein coeur, après une longue attente où tu te dis tout simplement : c’est elle !

16h00, un lundi après-midi, la journée à la pharmacie est plutôt calme. Je fouine sur le bon coin, comme bien souvent, à la recherche de la perle rare, après tout on ne sait jamais. Depuis plusieurs mois, je fais « souvent ce rêve étrange et pénétrant »… (merci Paul Verlaine), que je roule sur une belle bécane en course classique ! Bref, je fantasme sur une vieille, évidemment une Ducati 😉

Et puis soudain, je tombe sur une annonce qui me semble juste irréelle… ni une, ni deux, j’envois la photo à mon super Thierry, le spécialiste des Ducat’s, en lui demandant ce qu’il pense de cette bombasse : une Ducati 750 Sport de 1988 dans un parfait état ! Tout comme moi, il est chaud patate pour aller la voir… tout de suite !

Sur le papier, la belle à l’air d’avoir été bien bichonnée, mais en vrai c’est une véritable pièce de collection qui semble sortir de sa écrin, j’en reste bouche bée. Elle est là, béquillée dans les graviers (ça me poursuit en ce moment) devant le garage de son propriétaire, toute seule (sont plutôt cool en campagne question sécurité). Le charme a agit de façon instantanée et j’ai de suite compris qu’elle était faite pour moi !

C’est en plein coeur que cette belle 750 S venait de me toucher !

« Thierry, je craque, je vais la prendre, elle est terrible ! »

Et je n’avais même pas encore posé mes fesses dessus pour l’essayer. En même temps de nuit, sur les routes de campagne, hors de question d’essayer de taper une pendule, d’autant plus que ça change radicalement de la Panigale !

« Thierry, faut que je lui trouve un petit nom ! Humm… Desmo… Dédé ! »

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Mais qui est Dédé ? Retour en arrière avec un peu d’histoire sur cette Ducati :

Reprenant le nom d’une machine qui a marqué l’histoire de Ducati, la 750 Sport représente la relève de la 750 F1. Le moteur est tiré de la 750 Paso. Le bicylindre à distribution par courroie est donné pour 75 chevaux à 8 500 tr/min, le tout pour un poids contenu de 180 kg. Ce moteur est alimenté par un carburateur double corps Weber de 40 mm de diamètre.

Le cadre est extrapolé de la F1, avec un treillis tubulaire au chrome-molybdène. La fourche télescopique et le monoamortisseur arrière proviennent du catalogue Marzocchi. Le freinage est confié à deux disques de 280 mm à l’avant et un disque de 270 mm à l’arrière, pincés par des étriers Brembo double pistons. Les roues de 16 pouces de la Paso sont également conservées.

Merci Wikipédia !

En résumé, mis à part le Weber qui est une vraie m… et que le propriétaire de Dédé a déjà changé,  les jantes en 16 qui seront passées en 17 (va trouver des pneus pour des jantes en 16 aujourd’hui, une mission !), cette Ducati 750 est une Bombasse, qui n’attend plus qu’à aller sur la piste !

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Et il n’aura pas fallut longtemps, une fois Dédé à la maison, pour aller essayer cette bécane sur circuit. Une semaine plus tard nous allions retrouver le circuit de La Ferte Gaucher pour des tests pneumatiques, l’occasion rêvée de mettre Dédé sur ce tracé bien sympathique !

Copains rameutés pour l’occasion, pendant que certains s’occupent du barbecue du midi, que les gosses se tirent la bourrent en trottinette dans le paddock, moi je vais découvrir ma beauté sur la piste ! Je suis surexcitée, d’autant plus que je ne suis pas remontée sur une bécane depuis ma grosse pelle au Mans !

Les premiers tours se font comme sur des oeufs, pour ne pas dire que je me « traine la chneck » ! La piste est froide, je ne connais pas la moto, et dans mon groupe ça roule un peu « n’importenaouak »… mais petit à petit, je prends confiance en ma moto, augmente le rythme et me rend compte avec étonnement, qu’elle marche cette vieille Dédé !

Moi qui pensait découvrir une enclume, je suis bluffée par son poids plume, mais surtout l’agilité qu’elle dévoile dans les virages : elle ne tourne pas, elle pivote ! Normal, partie cycle de « ouf » des Ducati !

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Pour vous prouver à quel point cette bécane suscite de l’intérêt, j’aime même réussi à convaincre (sans mal) mon homme, de faire un tour avec sur la piste !

« L’homme qui vit avec son temps », comme il dit, a plutôt eu l’air de se prendre au jeu, aux vues des tirages de bourre que l’on a vu sous nos yeux… Il m’avouera quelques jours plus tard… « Non, mais… elle est très bien cette moto ! »

Voilà, mon baptême avec Dédé est fait ! Nécessité absolue de changer les disques, qui te secouent la bécane sur tous les freinages et mettre une poignée d’accélération à tirage court (je comprends mieux d’où vient l’expression « essorer la poignée ») et nous seront prêtes, Dédé et moi, pour affronter les courses classiques en 2017 !

Une chose est sûre, l’année prochaine, on ne fera pas que « gratter Dédé » ! 😉

Lil’Viber 😉

Mon autre coup de coeur : ma passion pour la moto, ne me fait pas simplement prendre mon pieds sur mes bécanes, mais me permet aussi et surtout de rencontrer des gens formidables.

En plus d’avoir trouvé ma belle Dédé, j’ai aussi fait l’incroyable rencontre avec son ancien propriétaire, Jean-Francois, qui aura lui aussi chopé mon coeur. Ce personnage à la personnalité plus qu’attachante, n’est pas un « pilote du dimanche », puisqu’il aura fait de nombreuses courses, dont le Bol d’Or et les 24 h du Mans, il y a de ça quelques années 😉

Il m’a confié être très heureux de m’avoir vendu sa moto et ne l’aurait de toute façon, pas laissée partir avec n’importe qui… je suis encore plus convaincue que Dédé et moi, étions faites pour nous rencontrer ! Je suis surtout très heureuse et fière de savoir que Jean-François nous accompagnera dans nos aventures sur circuit l’année prochaine 😉

Photos : JMC Photos, Lil’Viber

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