Quand Bruno, le chargé de relations presse Moto de Honda, m’a contactée pour l’essai de la nouvelle Honda Gold Wing, je me suis dit qu’il  devait lui manquer quelques informations à mon sujet. Comment dire ? … Avec mon 1,56 m et mes 47 kgs tous mouillés, je me demandais vraiment comment réussir à conduire une moto aussi énorme. Apparemment, ce « handicap » ne lui a pas du tout paru être un obstacle. Et voilà comment je me suis retrouvée à « piloter » (si, si !) 383 kgs de pur bonheur sur les routes de Champagne !

Mardi 15 mai

Me voilà chez Honda France pour la présentation technique des 3 versions de la Gold Wing. Au milieu des autres journalistes invités qui connaissaient tous l’ancienne version, j’avoue me sentir un peu ridicule. Je suis nulle pour tout ce qui est fiche technique ou lorsqu’il s’agit de comprendre un manuel. Du coup, je commence à douter de mes capacités à retenir toutes les informations fournies pour la conduite de cette nouvelle Gold Wing.

Purée mais il y a des boutons partout sur cette meule ! Un vrai cockpit d’avion. Mince, comment il m’a dit déjà de faire le Monsieur ? Bon si j’appuie là, çà fait quoi ? Pouet, pouettttttttt !!!! Ah m…. çà c’est le klaxon ! Très efficace au passage ! Bon, pas grave, je bosserai mes fiches techniques ce soir et je vais faire ma tête de bonne élève qui a tout compris (finalement j’ai gonflé les ballons pour l’anniversaire du petit jusqu’à 2 h du mat’).

1er réflexe avant même d’essayer d’adapter mon cerveau de « blonde » à la compréhension du manuel technique, monter sur la bête pour tester la hauteur et surtout le poids. Les pieds touchent bien le sol, ouf, mais bon j’ai les bottines à talon là, on verra demain avec les bottes moto. Quant au poids, impossible de donner mon avis. Après avoir secoué le guidon de gauche à droite, ben … je dirai dans les 250 kgs ?! Perdu Lili ! 365 kgs pour la bagger et 383 kgs pour le modèle Tour DCT/Airbag. Sérieux ?!!! En plus il parait qu’elle a fait un régime depuis l’ancienne version avec une perte de 48 kgs, mon poids quoi !

Avant même de commencer à rouler, je suis déjà bluffée par tant de poids si bien dissimulés !

Et puis il y a la boite automatique avec la transmission à double embrayage DCT (Dual Clutch Transmission), qui me permettra de conduire plus facilement ce monstre sur la route. Je déteste les boites automatiques sur les voitures, alors sur une moto j’avoue que je suis plutôt curieuse.

Mercredi 16 mai

Retour chez Honda France. Je suis opérationnelle pour tester les 5 modèles mis à notre disposition au cours de la journée. Arrivée sur my Little Monster, je commence en force cette journée en pétant ma clef de moto en essayant de dévisser la visière de mon casque. Oups, ça commence bien ! Avant même de décoller, le mécanicien commence déjà à bosser sur ma meule afin que je puisse rentrer à temps le soir pour l’anniversaire de mon fils.

« Lili, tu vas commencer avec le Saint Graal, la GL1800 Gold Wing « Tour » DCT/Airbag, noir Darkness, comme ça tu vas te familiariser avec la moto sans avoir à te préoccuper des vitesses ». Bon, une façon très courtoise de me dire, on t’a filé un gros scoot pour éviter que tu nous croûte la moto au premier virage 😉

Qui l’eût cru ? Me voilà assise sur une moto de 383 kgs, prête à attaquer les 220 kms de route qui nous mènerons vers Troyes puis à Courban. À peine enfourchée, j’ai l’impression d’être assise dans mon canapé en cuir, bon juste avec les bras en position playmobil ! Le tout nouveau cadre en aluminium, permet de placer le moteur mais aussi le pilote plus en avant et de procurer ainsi une position de conduite bien plus confortable.

Boutons que j’ai direct intégré, ceux du réglage des poignées chauffantes et de la température de la selle. Juste parfait pour mon syndrome de Raynaud et pour réchauffer mon popotin. Bien que je n’ai pas eu le temps de réviser ma leçon, j’avoue que le tableau de bord très intuitif n’a finalement pas été un problème à décrypter. Placé en position centrale, un écran couleur à matrice active TFT de 7 pouces affiche les informations des systèmes audio et de navigation mais aussi les données du système de contrôle de couple et les réglages de suspensions. La répartition de toutes ces informations sur différents secteurs de l’écran, permet ainsi au pilote d’y avoir accès d’un seul coup d’œil.

Allez hop on tourne la clef ? … Ah ben non ! Plus de clé grâce au système de démarrage sans clef Smart Key qui se révèle à la fois pratique pour la mise du contact et pour l’accès à la bagagerie. Et on monte le son … Et on coupe le son ! Mieux que dans les années 80 : un ghetto blaser qui roule ! La Gold Wing 2018 est désormais compatible avec le système Apple CarPlay, ce qui permet au pilote de profiter des informations personnelles contenues dans son Iphone. Pour les allergiques à la pomme, la connectivité Bluetooth est possible tout comme le branchement via un câble USB. Vite ma playlist préférée, un bon « Fortunate Son de Creedence Clearwater Revival  » s’impose ! Je suis fin prête à dérouler les kilomètres, tignasse au vent, confortablement installée dans mon fauteuil club roulant !

Mon premier réflexe dès que nous sortons de la zone industrielle, est de choper l’embrayage pour rétrograder les vitesses. Ah ben non, c’est vrai que je suis sur le Saint Graal et que le levier a disparu sur ce modèle DCT. Il ne me faudra que peu de temps pour ne penser qu’à une chose, tourner la poignée de droite ou freiner et pis c’est tout ! Juste magique ! Tiens donc, premier feu rouge, je me concentre pour ne pas faire culbuto dés le premier stop. Mais tout se passe si naturellement, cette énorme moto se pose sur l’asphalte, comme un gros bourdon sur les fines pétales des fleurs. Rohhhh, le kiff commence à m’envahir !

Quelques regards se tournent vers moi « tout va bien Lili ? »« Nickel les gars, je gère ! »

Nous enquillons les kilomètres. Les routes deviennent de plus en plus belles et sinueuses. Mes yeux s’attardent dans les villages que nous traversons sur leurs magnifiques bâtisses. J’ai complètement oublié le poids de la moto sur laquelle je suis. Elle se montre si facile, avec un couple démoniaque et une agilité dans les courbes déconcertante. J’enroule les virages, position de pistarde, comme si j’étais sur ma Panini. La magie de la technologie et de la physique qui font disparaitre plus de 350 kgs en une fraction de secondes.

L’adoption d’un accélérateur à commande électronique de type Throttle By Wire (TBW) s’accompagne, pour le pilote, de la possibilité de choisir entre 4 modes de conduite (Tour, Sport, Econ et Rain). Ces modes interviennent sur le comportement du moteur ainsi que sur la façon dont la puissance est délivrée. Le couple, la force d’amortissement des suspensions et les caractéristiques du double freinage combiné D-CBS font également partie des paramètres qui évoluent en fonction du choix du mode de conduite.

Il ne me faudra que quelques kms pour me mettre en mode Sport, et ce jusqu’à la fin de notre périple. Rageur, mais avec une puissance délivrée sans que cela « te pète à la tronche », je n’ai plus quitté ce mode qui a transformé ce « paquebot moto » en un jouet redoutable sur la route. On a commencé à tartiner, et on ne s’est plus arrêtés !

 

 

 

Vas-y fait tourner, faut partager ! Et hop, je quitte à contre-coeur le modèle DCT, pour la Bagger et son look affuté ! Je dois admettre que la boite automatique une fois qu’on y a gouté, on ne peut plus s’en passer, surtout pour un modèle réduit comme moi. Durant les arrêts sur le bas-côté de la route dans l’herbe, cette boite auto s’est révélée indispensable afin que je ne me vautre pas dans le fossé au moment de passer la première. Mais c’est surtout le système DCT faisant appel à deux embrayages qui m’a littéralement scotchée, procurant des changements de vitesses rapides et sans à-coups, quelque soit le régime moteur. Juste magique !

Me voilà donc sur la Bagger, délestée de quelques kgs et du Top case (qui peut d’ailleurs accueillir 2 casques intégraux). À force de nous extasier sur ces 5 merveilles et de faire tourner encore et encore, nous avons pris un peu de retard pour notre retour en région parisienne. Evidemment, une bonne excuse pour envoyer du gaz et commencer à se tirer la bourre. Loin d’être la dernière à me prendre au jeu, j’enquille les virages en prenant de plus en plus d’angle (ça frotte) et j’essore la poignée faisant rugir le 6 cylindre légendaire de cette Gold Wing.

Jusqu’à ce qu’un excès de confiance me fasse rentrer un poil trop vite dans un rond-point. Pas grave, on va mettre de l’angle… un peu trop ! Ma moto finit par frotter sévèrement la bitume et se redresse en m’éjectant sur la droite. Pas le choix, je tire tout droit, saute le trottoir,  et me retrouve en mode tout-terrain dans l’herbe. Allez on va se  repositionner sur la route… Même si j’ai frôlé la correctionnelle en me voyant déjà planté au milieu d’un champs avec ma grosse Gold Wing, j’ai tout de même profité de ce petit moment de gloire personnelle 😉

Test de la Gold Wing en mode cross, check ! Merci la partie cycle et la suspension avant à double triangle, ou merci la chance !

Conçue pour voyager, également avec son sac de sable, j’ai moi aussi voulu tester la place de passager. Même si je préfère rester aux commandes de la navigation, le test confort a été un franc succès : il ne m’aura fallut que très peu de temps pour m’endormir et ronfler derrière mon casque. Un confort amélioré par rapport à la précédente (dixit ceux qui connaissaient les anciennes générations) grâce à une gestion des flux d’air chauds et froids nettement améliorée, ainsi qu’une bulle réglable électriquement en hauteur et en inclinaison.

Et, parce qu’il fallait que le test soit complet jusqu’au bout, nous avons eu droit à un orage de dernière minute. C’est sous le déluge que nous avons terminé cette journée de découverte de la nouvelle Gold Wing. Mode pluie enclenché, pas question d’être en retard pour l’anniversaire du nain. Lancée sur la 4 voies à suivre le groupe de tête, je suis restée sans voix lorsque que j’ai vissé mon regard sur le compteur pour vérifier la vitesse (bien évidemment respectée 😉 ) à laquelle je roulais… sous la pluie, puis le mouillé/gras… Cette moto c’est juste un rail ! Au passage merci les pneumatiques Bridgestone (G853 et G852) qui équipent de série cette Gold Wing.

Mais dis-donc Lili, avec tes petites pattes ça se passe comment les manoeuvres ?

Easy mon gars, le mode « manœuvre » permet à la machine de progresser en avant et en arrière à très faible allure ! J’avance, je recule, j’avance, je recule … Comment veux tu que je galère avec çà ?! … J’ai pour le coup été la seule à m’amuser à faire des ronds pour tester le bazar. Il existe même un système d’assistance de démarrage en côte HSA (Hill Start Assist) et ça c’est juste génial quand comme moi, tu ne fais pas attention où tu te gares !

Autre point très positif à mes yeux : la béquille qui pour une fois est super accessible ! Pas besoin de se tordre la cheville pour essayer de la choper, ni de donner des coups de talons pour la rabattre.

Loin de moi les grosses appréhensions que j’avais avant de grimper sur ce mastodonte. Cette moto se révèle d’une accessibilité insoupçonnable aussi bien au niveau de la conduite que des manœuvres. Un gros jouet même pour un petit gabarit comme moi 😉

Lil’Uber 😉


Coloris disponibles et tarifs :

  • GL1800 Gold Wing Std : Argent Majestic (à partir de 25 999 €)
  • GL1800 Gold Wing « Tour » : Rouge Candy, Blanc Pearl (à partir de32 999€)
  • GL1800 Gold Wing « Tour » DCT/Airbag : Noir Darkness, Bicolore Rouge Candy + Noir Darkness metallic (à partir de 35 999 €)


Crédit photos : Honda france

Pour celles et ceux qui (au contraire de moi) aiment les fiches techniques, c’est cadeau :

Plus d’informations :

www.goldwing2018.fr


Casque : Bell Bullitt Hart-Luck Gloss Metallic Bubbles (special edition))

Blouson : RST Moto Roadster II

Disponible sur www.bihr.eu