Notre aventure Martelili vous l’avez suivie plusieurs mois… L’histoire de cette incroyable expérience s’est malheureusement sportivement terminée avec ma chute, le 15 septembre, à l’entame du 2ème tour de course où je me suis faite percuter par un autre concurrent. « Pas de bol », me direz vous ? En fait c’est tout le contraire… j’ai eu « trop de bol » et je vais vous expliquer pourquoi…

Cette aventure est avant tout celle du Team Martelili et de ses 2 coéquipières. Mais c’est à la première personne que je vous conterai cette histoire puisque j’y décris mon ressenti, mes émotions, et vais vous faire part de mon vécu de cette aventure…

Après presque une année à préparer ce premier Bol d’Argent, nous étions enfin arrivés au jour J, celui du départ en direction du Castellet. Accompagnée d’une partie du Team Martelili : Guigui notre top mécano, Jean-luc notre top photographe, une dizaine d’heures de route nous attendait avant d’arriver sur le lieu des festivités. L’arme fatale, notre Triumph Street Triple 765 RS étant bien au chaud dans la remorque pour ce long trajet…

J’ai eu « trop d’bol« , car en arrivant là-bas, malgré un vent à décrocher les cornes de tous les cocus de la terre, nous avons réussi à nous aménager un petit nid douillet pour vivre une semaine de folie avec toute notre joyeuse bande.

J’ai eu « trop d’bol », car les garçons m’ont, pour la première fois, installé un lit de princesse dans la remorque, le long de la ligne droite du mistral. S’endormir au son des moteurs du Bol d’Or et ne pas entendre les ronflements des copains, si ça c’est pas la classe 😉

J’ai eu « trop d’bol », car après avoir squatté le box du YART durant les pré-essais en août, on a pu squatter celui du Team Mongore #13, engagé pour le Bol d’Or. On a fichu un peu le bordel avec nos trucs de « meufs » et la moindre des choses fut au moins de faire « chiffonette ». Merci encore à Emmanuel, Ludo, Patrick, Cédric, Léa, Nicolas, Julien, Marion et tout le reste de l’équipe pour votre gentillesse et ces beaux moments de partages.

J’ai eu « trop d’bol », car on a eu à nos côtés une bande de mecs dont la passion et l’investissement dans le Team sont à la hauteur de leurs qualités humaines. Sans eux, pas de moto préparée, pas de moto réglée, pas de moto réparée, pas de course, pas de Bol d’Argent. Hadi, Guigui, Alain, Peter, Silvain, vous avez été nos chevaliers servants et on ne vous remerciera jamais assez…

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j’ai eu « trop d’bol », car on a rencontré 2 mecs justes incroyables. L’autre Team soutenue par Triumph, composée de Thierry Traccan aka « Trac » et de Stéphane Lacroix aka « 12+1 ». Pourtant concurrents sur la piste, ils n’ont pas hésité à nous aider à tous les niveaux  ; que ce soit sur la préparation, les réglages de la moto, ou en action sur la piste en se transformant en coachs. Bon, vu leurs chronos, on ne risquait pas de leur faire de l’ombre mais on aurait quand même essayé. Encore merci pour votre bienveillance et cette amitié que vous nous avez offerte.

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J’ai eu « trop d’bol », car j’ai découvert le superbe circuit Paul Ricard dans sa version longue. 5,8 kms de pur bonheur dont les 1,8 km de la légendaire ligne droite « du Mistral ». Pas un seul caillou en guise de bac, mais les fameuses « Blue Lines » créant un tableau aux couleurs flamboyantes. Une sorte de partition sur laquelle je me suis sentie comme une note de musique ; oui je l’ai entendue la mélodie du bonheur.

J’ai eu « trop d’bol », car pour la Q1 le jeudi soir à 19h30, j’ai assisté à un magnifique couché de soleil sur le circuit du Castellet. Même si j’ai foiré cette première qualification à cause d’une visibilité réduite, j’ai été aux premières loges du spectacle son et lumières de ce crépuscule.

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J’ai eu « trop d’bol », car malgré l’heure matinale de la Q2 et la piste froide, j’ai pris un « pied d’enfer » sur cette deuxième phase de qualification. 15 minutes de bonheur à tout donner sur la piste pour essayer de taper une pendule et gratouiller quelques places.

J’ai eu « trop d’bol », car au classement combiné on s’est retrouvées dans la première moitié du classement et premier Team féminin 😉

J’ai eu « trop d’bol », car j’allais vivre le départ d’une course mythique d’endurance. 70 pilotes alignés le long du mur des stands, prêts à courir vers leur monture, dans une ambiance de folie exacerbée par le discours du speaker. Je me souviens de ce moment comme si c’était hier. Malgré la bruine tombée juste avant, je me suis sentie incroyablement détendue, juste surexcitée comme une gamine allant faire « joujou » quand la cloche retentit dans la cour de récré.

Et la cloche a fini par sonner, ou plutôt le drapeau à s’agiter. J’ai pris un bon départ mais suis restée assez prudente sur les premiers virages face à certains dépassements un peu musclés. J’ai profité de la grande ligne droite du Mistral, où mon petit poids combiné à l’efficacité redoutable du moteur de la Street Triple RS, m’a permis de doubler sans risques un certain nombre de concurrents 😉

Mais j’ai eu « moins d’bol », quand au début du 2ème tour de course je me suis faite percutée par l’arrière par un autre concurrent… Pour moi le rêve s’arrêtait net seulement après quelques minutes de courses ; celui de ma coéquipière Marthe également …

Mais j’ai eu « trop d’bol », car notre top Team, malgré l’état de la moto, lui aussi a refusé d’abandonner. Et, après avoir bossé 2h30 sur la moto, les mecs ont réussi à la remettre en état. Avec la validation de la direction de course, Marthe a pu repartir, prendre son premier relais et passer symboliquement cette ligne d’arrivée…

Merci encore au Team voisin qui nous aura donné, sans hésiter, certaines pièces manquantes pour remettre en piste notre Street…

Merci à cet élan de solidarité et pour ces applaudissements sur la pit-lane, au moment où Marthe est repartie pour prendre la piste et terminer la course… c’est à ce moment là, après avoir passé 2 heures au médical et être revenue rejoindre mon Team, que je me suis effondrée en larmes dans les bras de mon homme. Trop d’émotions, trop de sentiments d’injustice, trop de tristesse, trop de douleurs…

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J’ai eu « trop d’bol », car j’ai été merveilleusement bien entourée tout le temps où je suis restée sur le muret le long de la piste. Encore une fois, je tire ma révérence à tous les commissaires de piste, sans qui nos compétitions ne pourraient exister. Merci pour leur gentillesse et les quelques blagues échangées, histoire de me faire oublier la saisissante douleur de la brûlure sur ma cuisse.

Me retrouver en petite culotte sur le circuit du Castelet à regarder les Safety Car passer, et bien ça c’est fait 😉

J’ai eu »trop d’bol », car en arrivant au médical j’ai été prise en charge par un des plus grands spécialistes des brûlures présent pile-poil ce 15 septembre.

J’ai eu « trop d’bol », car après avoir été soignée et avoir retrouvé mon humour parfois « culotté », je me suis retrouvée à poireauter dans la salle d’attente avec les pilotes du GMT. David Checa, Niccolo Canepa et Mike Di Meglio attendaient tranquillement les contrôles anti-dopages, sages comme des gosses qui pourraient se faire enguirlander… c’est à ce moment là que je leur ai proposé de leur faire un autographe sur ma combar toute défoncée ! hi, hi, hi…

J’ai eu « trop d’bol », car on a eu le droit à une séance de dédicaces officielle chez Triumph ! Rencontrer les gens venus te soutenir et recevoir tellement d’énergie positive, cela n’a pas de prix et m’a fait oublier ma blessure pendant quelques heures.

J’ai eu « trop d’bol », car on a été soutenues à 300 % de la part de Triumph France. Jean-Luc et Eric nous ont donné une liberté totale, que ce soit sur la communication ou sur la préparation de la moto. Une confiance aveugle, sans aucune directive, sans aucune contrainte, basée sur un grand respect mutuel et ça, c’est tellement rare de nos jours…

J’ai eu « trop d’bol », car même après leur avoir rendu cette incroyable Street, plus « personnalisée » que prévu, ils se sont plus préoccupé de mon état que de celui de leur moto…

J’ai eu « trop d’bol », car je me suis tapée des barres à faire l’andouille, aussi bien avec ma bande de potes, qu’avec Marthe durant notre shooting « Bioman en mode tic tac »…

J’ai eu « trop d’bol », car malgré ma chute et ma grosse blessure, j’ai réussi à garder un peu d’autodérision et l’humour que beaucoup me connaissent…

J’ai eu « trop d’bol », car je n’ai pas oublié que pire que la défaite, il ne faut surtout jamais abandonner…

J’ai eu « trop de d’bol », car je me suis sentie incroyablement soutenue et aimée du début de l’aventure jusqu’au moment où je vous écrit ces lignes empreintes d’émotions…

J’ai « trop d’bol », car je vais maintenant pouvoir me la « péter » durant les cocktails, en pavanant ma cicatrice en mode guerrière : « Celle là, c’est le Bol d’Argent 2017 » 😉

J’ai aujourd’hui « trop d’bol », car il se pourrait bien que je prenne ma revanche en 2018…

Lil’Viber 😉

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Photos : Jean-Luc Couesme

Un énorme merci à Triumph France pour leur confiance, notre belle Street va terriblement nous manquer. Merci à Bridgestone qui m’accompagne dans tous les défis que je me lance. Merci à tous nos partenaires de nous avoir permis de vivre cette aventure avant tout humaine : Société Stickershop, La Médicale de France, SIXS, Coach For Life, RS Automobile, Delerue L’experience Moto, Evo X Racing, Creativ Stor.

Merci à mon super Titi pour la préparation de la moto. Il l’aura autant bichonnée que ma belle Panini…

Merci à jean-Luc Couesme, notre talentueux photographe qui nous permet d’immortaliser tous ces moments de vie, de passion, d’amour…

Merci à Valentin Marchand, de VM Graphics pour la réalisation de la créa de notre poster…

Merci à vous toutes et tous de me suivre et de me soutenir dans mes aventures en deux roues…

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