À l’aube de mon « changement de vie », je me suis rendue compte que je n’avais jamais écrit et partagé mon histoire personnelle sur « comment tout a commencé » avec la moto. L’histoire se répète, car à chaque fois que j’ai dû faire un choix important dans ma vie personnelle et professionnelle, la moto est venue comme un accélérateur de décisions…

Et bien non, au risque de vous décevoir, je ne suis pas née assise à califourchon sur une Panigale, encore moins avec une cape de WonderWoman sur le dos. Je m’y suis même mise assez tard à la moto en passant mon permis  à l’âge de 31 ans. J’ai finalement une histoire assez banale, car comme beaucoup de filles, j’ai commencé la bécane en mode « sac de sable » comme passagère sur le Z1000 de mon mec. Vu le temps passé à m’endormir sur son épaule, il faut croire que les sensations fortes de la moto n’avaient à l’époque aucun effet sur moi ! Cela m’a au moins donné le mérite de parfaitement remplir ma mission de poids mort !

Ma première expérience en deux-roues s’est faite sur un petit scooter chinois offert pour 1 euro supplémentaire en renouvelant mon forfait mobile. On est loin de l’image de la meuf qui rêvait de chevaucher une énorme Harley sur la route 66, cheveux au vent et regard rebel. Vous l’aurez donc compris, c’est finalement complètement par hasard que je me suis retrouvée sur un deux-roues !

Même si je me suis ramassée quelques gamelles sur les pavés parisiens, il m’a fait découvrir un moyen de transport bien pratique pour me faufiler dans les embouteillages de la capitale. C’est à ce moment là que l’idée de passer mon permis à commencé à germer dans ma tête. Oui mais voilà, déjà que je passais pas mal de temps les fesses par terre avec un simple scooter, qu’en allait-il être sur une vraie bécane ? Comment allais-je pouvoir conduire une grosse moto avec un gabarit type « criquet qui s’est pris un coup de bêche » ?

Mais plus que mes « problèmes » de mensurations, c’est surtout la raison qui me freinait pour passer mon permis. Je suis plutôt tête en l’air et pas une seule de mes bagnoles n’a d’ailleurs résisté à mes maladresses répétitives ! Tout comme le Carlin qui ne resterait pas longtemps en vie dans un contexte « sauvage », je risquais de vite me retrouver en danger dans la jungle urbaine.

À son grand regret aujourd’hui (humour), c’est finalement mon homme qui m’a mis le « pieds à l’embrayage », en m’offrant un Van Van 125 pour me lancer sur l’asphalte parisien. Cela m’aura permis de me familiariser avec les mêmes commandes qu’une « grosse moto » sur un modèle tout à fait adaptée à mon gabarit.

Au-delà de l’aspect pratique du deux-roues dans Paris, j’ai surtout découvert le sentiment de liberté procuré par une moto. Étrangement similaire avec celui que j’avais lorsque je faisais de l’équitation. Je retrouvais comme par magie, les émotions d’une passion que j’avais dû abandonner à contre-coeur, pour me plonger dans mes études environ 10 ans plus tôt. Rattraper le temps en chevauchant plusieurs canassons d’un coup, quoi de plus efficace…

L’envie de passer mon permis a alors été de plus en plus présente, mais c’est le manque de temps qui est devenu un nouvel obstacle. Jusqu’au jour où j’ai filé ma démission à mon boulot pour acheter une pharmacie à deux doigts de mettre la clef sous la porte. 3 mois où j’ai partagé mon temps entre les cours de codes (la galère), le plateau (la galère mais un peu moins), la circulation (ça commence à devenir intéressant) et la marathon auprès des banques pour trouver un financement. Restait encore « THE question » : quelle moto allais-je bien pouvoir m’acheter ?

Ben oui, parce qu’avec ma taille de troll je ne vous cache pas que le choix était plutôt limité. Pas une seule moto où je posais les pieds par terre ! Même si cela ne me pose plus de problèmes aujourd’hui (vous voyez les filles il ne faut vraiment pas s’en faire), à l’époque je n’aurai pas craché sur quelques centimètres de plus 😉

Après avoir passé en revue tous les articles des magazines en comparant les hauteurs de selle de chaque moto, le tri a été vite fait : seuls la Street Triple de chez Triumph et le nouveau Monster 696 de chez Ducati me permettaient d’envisager de grimper normalement sur une meule. Et pour être honnête avec vous, je n’avais pas véritablement craqué sur l’Italienne lorsque mon mec me l’avait montrée pour la première fois au Salon de la moto, mais plutôt sur la British ! Sourire niais qui en dit long 😉

Non mais Lili allô quoi ?!!!!!!!!

Mais !!!!!!! Après avoir testé ces deux belles et même si j’ai adoré la facilité des 3 pattes de la Triumph, le coup de foudre pour le bicylindre de la Ducati a été immédiat. C’est ainsi que le 29 août 2009 je récupérais les clefs de ma première « vraie » meule, une Ducati Monster 696 et le 30 août celles de ma future pharmacie ! Peu fière d’avoir trouvé une banque qui accepte de me financer mon projet professionnel, j’avoue avoir été encore plus convaincante quand il a fallut négocier celui de la moto ! J’étais endettée pour un paquet d’années mais tellement heureuse !

De la route à la piste…

… il n’y a pas eu beaucoup de kilomètres à faire !

5 mois après avoir passé mon permis, convaincu que tournicoter sur un circuit allait me plaire,  c’est encore une fois mon homme qui m’a proposé de venir découvrir la piste sur le circuit des Ecuyers. Et là, pas besoin de déo pour laisser le charme agir ! J’ai été mordue dés les premières sessions, ne regrettant pas du tout d’avoir opté pour cette petite Ducati déjà profilée pour la piste. Même le retour jusqu’à Paris sous le déluge après une journée de piste dans les bottes, ne m’a pas fait pour autant déchanter. Le circuit allait devenir une passion grandissante d’années en années…

4 ans plus tard, même après la naissance de mon fils, l’appel de la piste se faisait de plus en plus pressant. À tel point, qu’on a fini par acheter une remorque pour embarquer notre bambin avec nous sur les différents circuits de la région. Et puis j’en ai eu ras le bol de me faire déposer avec mon roadster un nombre incalculable de fois dans la ligne droite de Magny-Cours. Il était temps pour moi de passer aux choses sérieuses et d’investir dans une sportive ! Évidemment, une Ducati… c’est ainsi que j’ai fait la rencontre de celle qui allait devenir Miss Panini 😉

Aujourd’hui, je prends un nouveau « virage de vie » et ma passion pour la moto m’a encore une fois aidée à prendre une grande décision. J’ai parfois le sentiment que je cherche aussi à rattraper le temps que « je n’ai pas eu » et surtout profiter de « celui qu’il me reste » pour vivre à fond cette passion. En dehors et sur la piste, j’essaye de vivre finalement ma vie de la même façon : me surpasser, foncer, ne jamais regretter, partager et aimer plus que tout…

Lil’Viber 😉

Circuit Carole, même virage, à peu de chose près 😉

Retrouvez mon article « Du Monster 696 à la Panigale 899 » en cliquant sur ce lien :

« Du Monster 696 à la Panigale 899 »