Un mois, un circuit c’est reparti durant cette trêve hivernale et pour commencer le mois de décembre en beauté, j’ai choisi un de mes circuits préférés, à tel point, que j’y ai même acheté et construit un hôtel … Si toi aussi, tu veux savoir comment plumer tes adversaires au « Bugatti Monopoly », c’est par ici que ça se passe 😉

Qui, ne saute pas de joie à l’idée de poser ses roues sur le mythique circuit Bugatti du Mans ? Circuit qui accueille notamment une des manches du Moto GP, ainsi que l’illustre épreuve des 24 h du Mans, une des étapes du championnat du monde d’endurance.

Pas moi, en tout cas !!!! Des sauts, que dis-je ? Des bonds de kangourou, plutôt ! Pire qu’une gosse devant le sapin de Noël (je vois déjà rire mes amis canadiens) ou qu’une meuf devant un caillou de chez Tiffany, ma motivation et mon optimisme, m’auront d’ailleurs fait sauter au-delà de mes possibilités, par dessus ma bécane 😉

Allez, suivez-moi (enfin pas de trop prêt) pour un tour de circuit ; un tour de reconnaissance afin d’éviter d’investir un peu trop de terrain et ne surtout pas y faire construire un hôtel !

D’abord, un peu d’histoire : construit en 1965 sous l’impulsion de Jacques Finance (çà ne s’invente pas), alors Président de la commission sportive de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), et de Jean-Marie Lelièvre (là aussi çà ne … ok j’arrête!), Président de l’ACO. On retiendra son tracé de 4,185 km composé de 7 virages à droite et 4 à gauche. Attention à bien faire chauffer les pneus…

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Commençons par les difficultés … et, un des virages qui à mon avis, nécessite un certain nombre de ratés pour trouver la bonne trajectoire : le virage de La Chapelle ! Mais au fait pourquoi « La Chapelle » ? En 1932 une chapelle fut bâtie dans l’enceinte du Circuit, au pied de la butte dite du Panorama. On y célébrait des offices durant les 24 Heures, sur un simple autel auquel on accédait par quelques marches.

En résumé, tu pouvais venir poser ton petit cierge en espérant surtout ne pas aller poser autre chose. Car oui, ce virage est un des plus délicats du circuit : connu pour son gros freinage en descente et en dévers, c’est l’endroit où les « trappeurs » oseront dépasser, mais c’est aussi celui où tu as le plus de chances de perdre l’avant !

C’est un virage qu’il ne faut pas enrouler, mais plutôt casser, afin de redresser la moto au plus vite et mettre les gaz en direction du virage du Musée !

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On continue à jouer, on avance de quelques cases, et si tu n’as pas encore acheté de terrain à La Chapelle, tu as de grandes chances d’acquérir quelques mètres carrés au Virage Du Musée ! Il  suffit d’ailleurs de regarder la taille du bac à graviers sur le schéma pour se rendre compte, que c’est « là », que tu peux investir un max dans l’immobilier 😉

Personnellement c’est le virage sur lequel je me sens le moins en confiance. Il n’y a pas « 1 » point de corde bien défini, mais plutôt 2, qui peuvent d’ailleurs varier en fonction de ta moto et de ton pilotage. En gros, faut trouver le bon feeling avant de réussir à remettre les gaz à fond, tout en étant sur l’angle ! Et c’est bien dommage, car le « distributeur à secondes » se trouve aussi dans cette partie du circuit…

On balance les dés, on avance de quelques cases pour se retrouver sur le vert, plus précisément le virage du Garage Vert ! Un double droit sur lequel tu plonges bien à la corde avec suffisamment de vitesse pour te laisser bien écarter à l’extérieur et réaccélèrer afin de choper le 2ème point de corde. En théorie, un virage que tu peux prendre assez vite… en théorie !

J’ai eu la chance d’apprendre beaucoup sur ce virage grâce à l’incroyable Troy Corser (qu’on ne présente plus) et son « tapotage sur ses fesses » : non ! Ce n’est pas une volonté de sa part de nous pousser à reluquer son cul, mais bien une façon de te dire « suis-moi et apprends ! »

Bon ok sur la photo on a inversé les rôles 😉

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Bref, tu as fait la traj’ parfaite et redressé la moto assez rapidement pour mettre du gros gaz sur cette ligne droite qui va te propulser dans le « Chemin aux boeufs » ! Mais quelle idée de nommer un virage de la sorte, même si j’avoue que dans ce pif paf tu te retrouves parfois en troupeau !

Evidemment, qui dit ligne droite, dit « tout le monde essaye de se faire les freins au bout ». Mais au bout, il faut déclencher assez tard. Bonne nouvelle, c’est le seul endroit où tu peux te louper grâce à l’échappatoire qui tire tout droit et qui t’enverra direct à la case départ sans toucher quoique ce soit ( enfin je l’espère ).

« M’en fous, ça passe, ça passe, je leur fais tous les freins ! »… « Bon ça passe pas, je tire tout droit »... D’où troupeau de motos dans cette zone… explication perso « chemin aux boeufs »…

Avec ce pif paf sur lequel il faut être bien vif et mobile sur sa moto, c’est la portion de « jeu » que je préfère ! Ok, il y a moins de terrain à acheter, quoique : attention aux rafales de vent sur ce circuit qui peuvent t’éjecter dans la pelouse à la réaccèl’… J’en ai déjà pris une dans la tronche et visité un peu le coin, mais rien acheté 😉

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On balance les dés et bim, le Virage des « S bleus » ! Mon préféré ! Z’auraient dû l’appeler le « S rouge » 😉

Vous l’aurez compris, ce virage en forme de S est l’endroit où tu peux gratter du monde, surtout avec une plus petite cylindrée et sortir ton plus beau sourire : il y a de la vitesse et beaucoup d’angle. C’est donc le moment de bien sortir tes fesses, poser le genou (voire le coude pour certains) et faire coucou au photographe ! Normalement ça donne ça !

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Ou ça ! Avec et sans pluie 😉 Moins impressionnant, mais au moins je ne suis pas allée acheter du terrain ici, moi !

Retour à la case départ et nous voilà dans le dernier virage du circuit ou le premier avant la ligne de départ, au choix : le virage du Raccordement. Un double droit très serré qui se prend avec du rythme, mais surtout une trajectoire bien précise si tu ne veux pas finir de l’autre côté du vibreur ! L’entrée conditionne la sortie de ce virage et du coup la bonne remise des gaz pour attaquer la longue ligne droite des stands.

Attention à cette portion piégeuse où tu auras l’occasion, encore un fois, de pouvoir acheter un petit bout de terrain, juste quelques mètres carrés, de quoi y construire une petite cabane 😉

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On avance de quelques cases, à fond sur la ligne droite pour arriver enfin, à l’illustre courbe Dunlop ! LE virage gros coeur de ce circuit. Et oui, car dans ce virage tu plonges à pleine vitesse (en redescendant un rapport) et c’est là qu’il faut arriver à dompter ton trouillomètre !

Sur le côté gauche de la piste, tu as 2 traits blancs qui peuvent te servir de repère. Idéalement, on coupe et on déclenche au 2ème trait, si ton cerveau ne t’oblige pas à couper plusieurs dizaines de mètres avant 😉 Le nez collé sur le vibreur à droite, il y a ensuite un gros freinage ou tu descends toutes tes vitesses à donf, avant de te jeter dans le  pif-paf qui suit juste derrière.

Pour la petite histoire, c’est bien dans cette courbe Dunlop que j’ai investi (ou perdu) un max, en torpillant Panini sur mon dernier roulage.

Explications : nous sommes en octobre, il pleut. Car oui au Mans, mieux vaut sortir les pneus pluie, neige, grêle, bref, tout ce qui te permet de résister à tous les éléments déchainés de la nature !

1 : J’ai pourri mon trouillomètre depuis mon roulage avec Troy Corser et enfin réussi à rentrer dans ce p#**** de virage, gaz à fond et sur la bonne trajectoire.

2 : Le week-end précédant ce roulage au Mans, j’ai roulé durant 2 jours avec 200 bourrins sous le cul et la sublime S1000 RR à Dijon. Autant vous dire, que quand je suis remontée sur Panini, j’ai eu l’impression de me balader.

3 : Je suis plutôt à l’aise sous la flotte et ça tombe bien car ce jour là, après des semaines sans pluie, il pleut comme vache qui pisse. Même pas peur, vas-y  chéri, monte moi mes pneus pluie s’il te plait ! Lui restera prudent et ne prendra pas la piste bien trop grasse à son goût ! Il me répétera au moins dix fois  » vas-y progressif, c’est piégeux »  … J’aurai dû l‘écouter…

4 : Partie comme une balle dans le groupe des experts, j’ai oublié qu’il pleuvait, que mon homme m’avait bien martelé en tête d’y aller « progressif », mais en plus,  je suis restée sur mes repères de freinages sur le sec !

5 : J’ai déboulé en bout de ligne droite et plongé au 2ème trait ! « Oups, ça va trop vite », voilà ce que j’ai eu à peine le temps de me dire avant de perdre l’avant et de m’envoler dans le bac à graviers !

6 : Après avoir fait « washing machine » dans les graviers, pendant une durée qui m’a semblée interminable, je me suis relevée sans bobos et sans moto ! Mon coeur a failli s’arrêter quand j’ai vu Panini le cul à l’envers et plantée à l’autre bout du bac ! Sur ce coup, j’ai investi un max de mètres carrés au Bugatti, peu fière !

Ne me demandez pas ce qui m’a pris de m’enflammer à ce point et de m’envoler dans le virage de la Dunlop, moi-même je ne comprends pas comment j’ai pu à ce point déposer mon cerveau à côté de mes bottes ! Ce dont je suis certaine, c’est que « si ça passait, c’était beau! » 😉

Et voilà, une partie de Monopoly Bugatti de terminée ! Même si je n’en suis pas vraiment fière, c’est bien moi qui ai gagné la partie en achetant le plus de terrain cette année. Heureusement, plus de peur que de mal, même si je n’ai pas spécialement envie d’y construire un hôtel afin d’y séjourner gratos, par chance, j’ai au moins évité que Panini ne reparte en dés à jouer…

Prochaine partie en 2017, promis j’irai pas en prison !

Lil’Viber 😉

Crédit photos : Guillaume Photographie, Hadi L’Etang, BMW Motorrad Track Days pour Eybis, Lil’Viber

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