Rouler sur le mythique circuit de Spa Francorchamps avec comme coach l’incroyable Troy Corser, çà c’est fait !

Laissez-moi vous raconter cette expérience unique que j’ai eu la chance de vivre avec ma Panini ainsi qu’avec une surprise allemande: la S1000 RR (cliquer dessus pour voir l’article sur son essai)

Pour l’histoire, c’est en 1920, au lendemain de la première guerre mondiale que voit le jour ce circuit décrit comme « le plus beau circuit du monde ». À l’origine, 3 routes (32, 23 et 440) sont reliées pour créer ce qui deviendra par la suite, un tracé de 6,947 km. Inauguré en 1922, ce circuit principalement automobile, a également accueilli les épreuves du moto GP jusqu’en 1991. Puis la FIM décidera de ne plus organiser d’épreuves pour des raisons de sécurité. Mais bon, il semblerait que les discussions aient repris pour y voir tourner de nouveau les Moto GP. L’avenir nous le dira…

Plus que du blabla, je vous laisse découvrir le tracé d’un peu plus de 7 kms, qui en dit long sur cet exceptionnel circuit.

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Allez, suivez-moi pour un tour en mode « Relax », dixit Troy 😉

Pour découvrir le circuit de Spa, il fallait bien arroser cela et çà tombe bien, à Spa, il pleut environ 220 jours par an. C’est donc sous une pluie diluvienne que j’ai découvert ce très long tracé. Finalement pas si mal car au moins cela m’aura laissé le temps de bien appréhender les trajectoires et éventuels pièges de cette piste.

Mais à peine partie sur des oeufs, voilà que Troy déboule devant moi en tapotant son arrière train pour me faire signe de le suivre. Bon, ben on y va alors !

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Et comme je suis plutôt du genre à bouffer la grosse fraise au milieu de la tarte (le meilleur quoi !), on va directement attaquer par le meilleur : Le légendaire Raidillon ! Traduction littérale du Raidillon : « petit chemin en pente raide ». Perso je cherche encore le petit chemin par contre j’ai bien identifié la pente raide !

Cette longue ligne droite, commence par une incroyable descente, une sorte de toboggan géant qui t’amène dans le fameux « Raidillon » dans lequel, toi, tu coupes les gaz mais où, paraît-il, les meilleurs passent poignée vissée. La remontée et la sortie de cette cuvette se fait à l’aveugle pour rentrer dans la longue ligne droite du Kemmel, à l’ombre de la forêt qui borde la piste.

Pendant que « Relax » Troy se retourne pour voir si j’arrive toujours à lui coller au derch, moi j’essaye de me concentrer sur le big freinage qui arrive pour les virages « Les Combes ». Un enchaînement, droite, gauche, droite, qui se passe finalement plutôt très bien malgré le gros freinage qui le précède.

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On attaque maintenant la descente avec le virage de Bruxelles, qui t’obligera à retarder un maximum ton point de déclenchement pour éviter d’enrouler ce virage au risque d’aller bouffer autre chose que des frites ! Quant au virage 9 qui suit, obligé de te coller au vibreur pour éviter le creux « en plein dans la traj » qui te fera décoller comme une crêpe. Puis on déboule dans la partie qui, pour moi, est l’une des plus délicates du circuit, car si tu n’as pas la bonne trajectoire, ben tu sors… et tu sors vite !

Le superbe Double Gauche, qui à vitesse normale te donne un point de vue unique sur une partie du circuit. Techniquement c’est LE virage qui se passe TRÈS vite. Psychologiquement, ton cerveau chope les freins à ta place ! Mais quel pieds, quand ton trouillomètre ne prend pas le dessus sur ta motivation et que tu rentres à « mach 2 » genou par terre et regard vers l’horizon 😉

C’est pas tout de regarder le paysage, mais le popotin australien de mon super coach commence à s’évaporer dans le paysage ! Cool, les virages Fagnes arrivent, c’est justement le moment pour moi de recoller aux fesses des grosses cylindrées qui me mettent des vents dans les lignes droites ! Mais pas pour longtemps je dois l’admettre, car on arrive vers la deuxième partie « flippante » du circuit ! Y’a qu’à voir ma tronche sur la tof d’ailleurs 😉

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Le Virage du Campus, réellement traversé par une « petite rivière », qui te rappelle pourquoi ce circuit est aussi célèbre pour ses caprices météorologiques. Rivière qui persistera même lorsque un beau soleil se sera installé et séché tout le circuit. Tu passes du « super sec grippant », au « super glissant casse-gueule » en l’espace de quelques secondes ! Du coup, après avoir vu quelques motards brouter l’herbe et prendre un bain de boue dans ce virage, je ne me suis pas risquée à passer plein angle sur le joli ruisseau persistant malgré les éclaircies de la dernière journée.

Ce qui nous amène à la deuxième partie impressionnante de ce circuit : La grande Courbe Paul Frère suivie du double gauche Blanchimont. C’est là que je perdais définitivement la S1000 RR de mon coach qui disparaissait, plein angle, dans la forêt qui entoure cette portion du circuit.

Clairement, il faut un « gros coeur » pour rester poignée à fond et plonger dans ce double gauche qui te pète à la gueule. Le changement de lumière qui te fait passer de la lumière à l’ombre, n’est pas là non plus pour te mettre en confiance.  Mais le plaisir est si intense que nul besoin de passer du côté obscur.

Même si le paysage est tellement beau et que l’on pourrait se croire en balade en forêt (mais en accéléré), il vaut mieux ne pas s’endormir trop longtemps sur le paysage et oublier de freiner, car au bout de cette longue courbe t’attend un pif paf qui vient calmer tes ardeurs. Comme une claque dans la tronche inattendue qui vient te rappeler à l’ordre : « tu as bien joué, ben maintenant c’est fini ! »

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Le « pif » se présente comme une petite épingle en dévers,  mais j’avoue avoir bien aimé le « paf ». J’ai souvent choisi cet endroit pour gratter l’inter à certains pilotes. Jusqu’au moment où, à force de me tirer la bourre et d’ouvrir jusqu’au rupteur, les vibrations de ma Ducat’ ont fini par avoir raison de la vis de mon sélecteur dans la ligne droite des stands. je me suis retrouvée là sans pouvoir passer de vitesses, et pas envie de me taper 7 km en 2ème. Je me suis donc rangée dans l’herbe le long du muret, coincée sur Panini de laquelle je ne pouvais plus descendre (jambes trop courtes et pas de béquille) ! Gros moment de solitude avant que la rescousse n’arrive, mais pour le coup pas des moindres !

Et là, une sorte de ralenti se déroule sous mes yeux (mettez-vous la musique d’Alerte à Malibu) : « Relax » Troy déboule en courant et traverse la piste dans sa belle combinaison en cuir, tel un chevalier à mon secours ! Il se pause sur Panini en position d’amazone pour me redescendre ma bécane jusqu’à la remorque. Avoir un double champion du monde Superbike assurer le service « récup moto cassée », moi je dis EYBIS, ils sont vraiment au top 😉

Enfin voilà, passée cette ligne droite qui me laissera personnellement un mémorable souvenir, il ne reste plus qu’à bien freiner et prendre le virage en tête d’épingle de La Source pour boucler un tour complet de cet incroyable circuit de Spa.

Rebaptisé « le toboggan des Ardennes » le circuit de Spa Francorchamps est pour moi, la plus belle attraction que j’ai pu vivre jusqu’à présent !

Allez, on prend une grande respiration et on se jette, mais en mode relax 😉

Lil’Viber 😉

Merci encore à EYBIS qui organise les BMW Motorrad Track Days sur les plus beaux circuits d’Europe avec la participation du grand Troy Corser. Plus d’informations sur www.eybis.com 

Bon plan pour pioncer et bien bouffer : Hôtel de la Source aux pieds du circuit, avec des chambres qui donnent directement sur le virage de la source, au cas où tu voudrais voir passer les petits copains en bécane. www.hotel-de-la-source.com

Photos : Warm-up Photographie, Hadi L’Etang, Lil’Viber