Magny-Cours restera toujours pour moi synonyme de fortes émotions car c’est sur ce circuit que je suis montée sur mon premier podium. La 3ème marche de la Women’s Cup 2017 à l’issue d’une course stressante sous la pluie où les chutes se sont enchainées. Tel un livret A, sans gros rendement, j’y ai joué la sécurité comptable et ai cherché à rester sur mes roues. Le résultat final m’aura donné raison. Mais du coup, en 2018, sur le sec, j’avais à coeur de faire une belle course ! Oui mais voilà, la malédiction du départ allait encore frapper…

Magny-Cours ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est même un tracé sur lequel je ne me sens pas à l’aise et sur lequel je peine à trouver les bonnes trajectoires. Je savais que réussir à « dompter » cette piste piégeuse me ferait progresser et franchir un nouveau palier. J’étais donc déterminée à bien travailler pour améliorer mon rythme et mes chronos.

Arrivée le mercredi en fin d’après-midi, c’est avec le moral dans les chaussettes que j’aborde notre installation sur le paddock. À peine descendue de ma roulotte, je fonds en larmes dans les bras de ma Margoulette. Trop de stress, trop de fatigue, trop de soucis accumulés depuis des semaines. Il ne faudra que quelques minutes pour que la magie « Ambiance Women’s Cup » opère. De gros câlins dans les bras des copines, un apéro de bienvenue, et çà repart !

Jeudi 24 mai – Essais libres

La 1ère séance d’essais libres de la journée s’est déroulée en début de matinée et n’a pas été vraiment concluante. Parties complètement dans le brouillard, on n’y voyait pas à plus de 5 mètres… Comme l’impression de traverser un gros nuage avec les gouttes d’eau qui perlent sur la visière. J’ai direct jeté l’éponge. Pas la peine de prendre des risques pour rien.

La 2ème séance de l’après-midi, allait se dérouler sous un soleil de plomb et être plus intéressante. Je termine avec le 3ème temps et commence à retrouver le moral. La confiance refait surface après cette brume passagère.

Vendredi 25 mai – Qualifications

Reposée, reboostée, je me sens au taquet pour attaquer cette Q1. Partie tout devant, je m’échappe derrière Margaux, histoire d’essayer de la suivre, au moins 1 virage 😉 J’en profite surtout pour avoir un tour ou deux de clairs afin de faire rapidement un bon chrono.

Et là, c’est la cata ! Paf le Poly ! À peine en piste, voilà que le poly de Panini s’ouvre comme les ailes d’une coccinelle m’obligeant à rentrer à deux à l’heure vers la pite-lane. Tiens donc, j’ai comme l’impression que l’histoire se répète puisque le mode coccinelle avait déjà été activé lors de la Q1 des 300 miles du Vigeant en 2017…

Très étrangement, pour une fois, je reste d’un calme qui ne me ressemble pas. Je reste assise en regardant les garçons s’activer pour bricoler une solution afin que je reparte. Certainement la séance de yoga pré-qualifications et mon légendaire « poirier lotus » 😉 Tout le monde s’affaire sur la pite-lane et je remercie encore la solidarité présente qui me permettra de repartir… pour 2 petits tours dans le trafic…

Loin d’être dans mes chronos, je sauve les meubles en terminant 6ème de cette Q1. Plus le choix, il va falloir tout donner et tartiner (pas que les biscottes) un max pour la Q2.

À nouveau positionnée devant, mon lièvre Margaux part de derrière. Les avions de chasse Mélodie et Gaëlle sont juste derrière moi et je me dis qu’au premier tour je pourrai choper une roue quand elles me passeront. Je parts à fond, remontée comme une pendule et avec une volonté à toute épreuve. Au bout de 5 tours je suis toujours seule devant, je commence à remonter dans le trafic et me retrouve sur les premières attardées. Mon team me panneaute un « IN ». Oups, je sens que je vais me prendre une soufflante…

« Allez hop Lili, tu rentres, top chrono, 1’52″9. Avec le trafic tu ne pourras pas améliorer »

Je termine P5 au cumulé, à un souffle de la P4.

Fière d’avoir pulvérisé mon record perso, je suis très contente d’avoir fait mon chrono toute seule comme une grande et en quelques tours, comme les pros 😉

Samedi 26 mai – Course

C’est le grand jour, la pluie s’est invitée durant la matinée mais le soleil est bien au rendez-vous pour notre course. Concentrée, déterminée je profite aussi de cette ambiance magique et palpitante. Les chutes des précedentes courses ont laissé quelques belles traces d’absorbant sur la piste. Un ami pilote me conseil de ne pas passer sur les vibreurs qui restent très glissants. Hé oui, ma spécialité « Lil’Viber » aka « Petit vibreur » 😉

Tour de chauffe, je démarre au quart de tour, jusqu’ici tout va bien. Les yeux rivés sur le feu rouge, je me sens détendue et sereine. Feux éteints, je lâche les chevaux ! Et là … un poney ! Je passe trop vite ma 2 et me retrouve scotchée sur la grille comme au point mort. Une douzaine de pilotes me passent de tous les côtés et je vois le groupe de tête disparaître au loin… I’m a poor lonesome cowboy (mais pas la plus rapide de l’ouest) ! M…., m…. et re-m…., j’ai encore foiré mon départ. Comme au Mans, j’ai le couteau entre les dents, reprenant des places au fur et à mesure de la course. Oubliés les vibreurs glissants, je coupe même une traj’ en sautant un vibreur, debout sur mes cales pieds pour doubler une concurrente.

Remontée à la 7ème position, je recolle les 2 concurrentes qui me précèdent. Mais trop tard… Le drapeau à damier s’agite devant mon nez, me laissant sur un sentiment de frustration inébranlable avec une violente colère contre moi-même. Quel gâchis !

Les larmes m’envahissent, celles de la déception. Je m’en veux terriblement d’être passée à côté de ma course et peut-être tout prêt du podium. Mon team me félicite des beaux chronos puisque je suis descendu en 1’52″0 régul’ et dans le trafic. Le rythme et les chronos étaient là, depuis le début du week-end. La malédiction du départ aura balayé toutes mes espérances et mes rêves…

Après avoir vidé 3 paquets de kleenex, foutu en l’air mon mascara or « spécial chronos » et pesté comme une sale gosse pendant 1 heure dans mon coin, j’ai fini par relativiser en ne gardant que le positif. L’objectif n°1 est atteint, avec une belle progression et un nouveau palier de franchi. L’objectif n°2 aussi, avec beaucoup de plaisir sur ma belle Panini et de beaux moments partagés avec mon team.

Il ne me reste plus qu’à boucler l’objectif n°3 pour la prochaine course d’ici un mois à Carole : travailler mes départs et viser un podium. Alors si vous voyez une Panini cabrer sur un parking de supermarché en allant faire vos courses, il se pourrait bien que ce soit moi 😉

Lil’Viber 😉

Merci à tous mes partenaires : Bridgestone / Medicis Patrimoine / Bihr / Bell / RST / Delerue L’Expérience Moto / EYBIS / SIXS / iPhone / Société Stickersshop / Evo X Racing / Aerographik / Zydus France / VM Graphik / Alure /SEMC / Brembo / Galfer / Communication / Dal Zotto Paris / IRC Components / Test Your Fun / Ducati / Riding Sensation / Pole Position 77 / Stickersdeluxe / Jean-Luc Couesme

Merci à mon Team de choc et d’amour : Hadi, Thierry, Jean-François, Jean-Luc…

Merci à Aline pour son implication au sein de l’organisation de la Women’s Cup et le super boulot réalisé sur cette 2ème manche…

Merci à mes amours de copines de la Women’s Cup pour leur réconfort et la surprise pour mon anniversaire !

Photos : Jean-Luc Couesme

Création : VM Graphics