Allô maman bobo !

Notre passion pour la piste et pour la vitesse est loin d’être sans risque. Je ne vous apprends rien et sais que de nombreux motard(e)s ont malheureusement déjà parfois gouté à la « douceur » du bitume !

Dans cet article, je ne veux pas simplement faire l’inventaire de mes blessures, mais souhaite plutôt partager avec vous comment garder le mojo après l’accident malgré les douleurs et les peurs qui peuvent en être la conséquence. Je tenterai aussi d’expliquer pourquoi la passion jusqu’à aujourd’hui prend toujours le dessus ?

La « pizza » du Bol d’Argent au Castellet – Le déclic !

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps après mes débuts sur mon Monster pour faire des cabrioles. Mais jusque là, je m’amusais à dire : « ok je tombe, mais je tombe propre ! ». Traduction : quelques égratignures sur mes motos et pas de bobos pour moi. Oui mais ça c’était avant, comme dirait l’autre !

En 2017, je vis ma première lourde chute qui me laissera à vie une jolie pizza sur la cuisse. Paradoxalement c’est pourtant cette lourde chute qui m’ouvre des portes. Elle me fait prendre conscience que l’on a qu’une vie et qu’il ne faut pas passer à côté de ses rêves. C’est à partir de ce moment que j’ai enclenché mon changement de vie professionnelle.

Suite à une percussion qui ne blessera pas que moi, je me suis retrouvée coincée sous ma moto à glisser sur près d’une centaine de mètres. Cette partie de curling sur la piste abrasive du Castellet n’a laissé aucune chance à ma combinaison et à ma cuisse. Aux propositions de greffes que j’ai refusées, il a fallu passer par un curetage quotidien de ma plaie durant plus d’un mois, suivi de soins eux-aussi quotidiens par mon infirmière durant 6 mois. Mon choix s’est avéré être le bon aux vues des résultats obtenus. Le talent et la patience de mon infirmière Sophie, auront été la clef de la réussite.

Tout le monde s’attendait à ce que j’arrête la moto et bien évidemment la piste. Mais dans mon « malheur » j’ai eu énormément de chance, car les conséquences de cette chute auraient pu être dramatiques. Comme je vous l’ai dit je n’étais pas la seule victime de cet accident, et cet autre pilote a lui aussi morflé après cette percussion. Un déclic s’est opéré en moi. 2 mois plus tard je vendais ma pharmacie pour commencer une nouvelle vie professionnelle et me consacrer intégralement à ma passion pour la moto.

La « clavette » de Carole – la frustration puis la sagesse

Championnat de France féminin 2018 avec comme objectif un podium au général en 1000 cc sur ma 899. Je « joue à domicile » et me qualifie P4 pour la première course. Le destin ne me laissera pas prendre le départ. Dans le tour de chauffe, je me fais percuter par l’arrière au moment de la mise en grille par une concurrente qui se croyait déjà en course. Vol de WonderWoman, mais atterissage comme une grosse « merde ». Et une clavette s’il vous plait ! 2 mois sans rouler, fin du Championnat pour moi.

La colère, la frustration et le sentiment d’injustice me submergent. Je me rends compte rapidement qu’il ne sert à rien de réagir ainsi. C’est le jeu et la compétition amène son lot d’imprévus. Nous faisons le maximum pour les éviter mais il faut savoir accepter ce genre de situations quand elles arrivent. Aujourd’hui, je reste toujours très prudente sur les tours de chauffe. Comme en voiture sur la route, je prends mes distances, quitte à partir la dernière. Faire preuve de sagesse aura fait disparaitre la frustration.

Cancer du boob – La peur puis la détermination

Décidément cette année 2018 se terminera en « eau de boudin » si je puis dire. La clavette est enfin consolidée, mais c’est mon papa qui tombe très malade. Après le décès de ma maman en 2015 suite à un cancer, le cauchemar continue avec l’annonce de celui de mon père en août 2018. Depuis 2 ans je réclame une mammographie de contrôle auprès de mon gynécologue qui refuse tout le temps estimant que je suis trop jeune. Je profite de son départ en retraite et insiste pour m’en faire prescrire une, sans aucune raison de m’inquiéter. Septembre, je vais à mon rendez-vous de mammographie. Une simple une formalité !

Mais l’examen prend une autre tournure. Le ciel me tombe sur la tête, j’ai un cancer du sein. C’est lors de la finale de la Women’s Cup à Alès que j’apprendrai le stade de gravité de mon cancer. Sous le choc, je m’enferme dans mon camion et décide de rentrer à Paris. Grâce au soutien de mes amis et de mon conjoint, je décide de rester et de faire malgré tout cette dernière course. La boucle est bouclée ! Ce n’est pas un « cancer de merde » qui va m’empêcher de vivre ma passion. Je suis très vite prise en charge à l’hôpital Saint-Louis. 2 opérations pour virer ce crabe et quelques ganglions en moins. Mais ouf… le nibard est toujours là ! 😂

Je décide de vivre ma convalescence post-opératoire en allant faire le rodage de ma nouvelle moto en plein moi de décembre. Une Panigale V4, la future Big Panini. Malgré l’interdiction des médecins de faire du sport, je me retrouve même à faire quelques tours sur le circuit d’Aragon avec un drain dans le sein, suite à ma première opération. 🤫

J’entends beaucoup que la moto pour moi c’est fini et encore plus ma saison de compétition. Mais je me refuse à baisser les bras et je me sers de ce cancer pour renforcer mon mental et ma détermination. 3 mois de radiothérapie où je mets la pression à mes médecins pour que mes séances se terminent avant la mi-mars. Pas question de louper la date du 6 mars, et mes premiers tours de piste avec Big Panini sur le merveilleux circuit du Mans. À l’hosto on me prend pour une dingue !

Cette première année à son guidon, je me « bats » avec ma V4, comme je me bats contre ce cancer. Mais au final, en 2019 je termine 3ème du Championnat de France avec Big Panini. En parallèle, je suis sur le chemin de la guérison « oncologique ». Je décide d’arrêter les courses féminines pour aller « jouer des coudes » avec les garçons.

Ce n’est pas une chute, mais une maladie qui aura décuplé ma détermination et ma combativité que ce soit dans la vie ou sur la piste.

« La pastèque » en Mini Moto – L’énervement puis la patience

En 2021 je découvre la mini sur une course du Trophée Grand Ouest. Coup de foudre pour cette discipline avec enfin des motos à ma taille 🤣 ! Je décide de m’inscrire à quelques compétitions l’année suivante. Mais décidément je joue encore de malchance dans le tour de chauffe de la première course. 2 virages avant la mise en grille je me fais « couper en deux » par un concurrent qui vient me percuter le fémur et la hanche droite.

L’œdème et le bleu sont si impressionnants que mon Kiné de chéri m’emmène passer une radio, suspectant une fracture du fémur. Ouf, j’ai beau être un format « Tom Pouce », je suis plus solide qu’il n’y parait ! Pas de fracture, mais encore de longs moments à souffrir pour tenter de faire disparaitre les poches de sang et les adhérences. À J + 9 mois, j’ai encore des séquelles sur ma cuisse gauche et des adhérences récalcitrantes !

J’étais profondément en colère (encore une fois) que ce genre de chute arrive sur un tour de chauffe. Mais je n’ai pas eu d’autres choix que de puiser en moi pour trouver plus de patience. Un sentiment et une qualité qui sont loin d’être mon atout principal. Mais un travail sur moi-même avec l’aide de mon préparateur mental, m’aura permis de relativiser et d’attendre patiemment que la nature (et les mains en or de mon ostéopathe d’amour) fasse bien les choses !

Le « radius » de Navarra – Le traumatisme puis la confiance

Ma chute la plus effrayante. Je pensais avoir déjà eu peur en moto, mais j’ai vraiment découvert ce qu’étais l’angoisse et l’impuissance sur ma chute en Espagne. Nous sommes à Navarra et lors de essais, je perds mon guidon droit à plus de 200 km/h. Plus de guidon, donc plus de freins. Je n’ai plus le contrôle. Ma première réaction est de me dire qu’il faut que je saute de ma moto. J’attends pour cela qu’elle rentre dans les graviers, pensant que la chute sera moins rapide en ce qui me concerne. Mais à cette vitesse, le dégagement du bac est trop petit. Big Panini percute le muret, s’envole dans les airs et retombe sur moi.

Les commissaires de piste « pédalent dans la semoule » et ce n’est que 3 minutes plus tard qu’on vient me dégager de sous ma moto. Je n’ai pas eu véritablement peur sur le coup, mais j’ai terriblement angoissé une fois bloquée sous Big Panini. J’ai hurlé pour que l’on vienne me sortir de dessous. Je n’ai pas perdu une seule seconde connaissance et j’ai eu conscience de tout ce qui se passait durant tout ce temps.

Dans mon lit d’hôpital, choquée, je veux arrêter. Trauma crânien, tibia touché et surtout un radius fracturé qui sera opéré quelques jours plus tard en France. 3 mois de convalescence et une confiance qu’il a fallu retrouver.

Durant toute cette période, j’ai beaucoup travaillé avec Fifi qui m’a aidé à me libérer de mes peurs. Nous avons fait un gros travail sur mes émotions, sur les peurs refoulées et l’éviction totale de cette incompréhensible chute. Ne pas comprendre ce qui était arrivé a également été compliqué pour moi. Difficile de retrouver la confiance pour remonter sur une moto en étant certaine que ça ne se reproduise plus. Mais après avoir longuement discuté avec de « sages » personnes, il y a des choses que j’ai comprises et surtout acceptées. C’est un sport mécanique, le risque zéro n’existe pas, l’erreur est humaine et il faut savoir accorder toute sa confiance en son staff. À partir de là, soit on ne l’accepte pas et il faut donc arrêter, soit c’est une évidence et on continue. J’ai fait ce 2ème choix.

Septembre est arrivé et après une énième radio de contrôle, j’ai eu « l’autorisation » de remonter sur ma Big Panini. Bon, j’admets que je l’ai prise un peu toute seule cette « autorisation » 🤣. Quelques tours de piste pour vérifier que tout allait bien pour ma belle. Elle aussi a du se refaire une santé et renaître de ses cendres. Titi me demande de faire 2 tours et de m’arrêter. Je rentre 10 tours plus tard, après m’être un peu « arsouillée » sur la piste avec les copains. Je me fais engueuler par mon mécano 🤣, mais je suis heureuse. La confiance est revenue. Plus que tout, le plaisir est toujours là !

J’avais peur « d’avoir peur de ne plus trouver de plaisir sur la moto ». Et c’est tout l’inverse qui s’est produit. Un mois plus tard, je décidais de faire la dernière course à Magny-cours. Je termine 3ème de ma catégorie avec de belles bagarres sur la piste et de jolis chronos pour finir l’année. J’ai surtout pris un pied d’enfer avec ma V4.

J’ai transformé le traumatisme en confiance décuplée. 😉

Une thérapie qui passe par l’humour et l’autodérision

Bien sûr toutes ces expériences ont été chargées de douleurs et de peurs avec parfois un sentiment d’injustice. Mais avec du recul, ce qui m’a permis de traverser ces moments difficiles, c’est aussi l’humour et l’autodérision. Dédramatiser des situations telles que mes séances de radiothérapie ou encore mes curetages de cuisse, m’aura énormément aidée à prendre du recul. J’ai toujours préféré rire de certaines situations plutôt que de m’apitoyer sur mon sort. J’ai surtout réussi à toujours voir le verre à moitié plein plutôt que vide en cherchant et m’appuyant sur les côtés « positifs » de ces accidents. Je suis toujours là, j’ai de la chance et une vie à vivre avec passion et sans compromis.

En faisant le constat, 2018, 2020 (année blanche Covid) et 2022, auront été des années « pourries » !

Mais 2017, 2019, 2021 des années exceptionnelles en terme de résultats !

Alors 2023 serait-elle un bon cru ?

Rendez-vous dans quelques mois, hein ? 😉

LilViber


Préparation mentale et magnétisme – Fifi Magnétiseur :

Cela fait 3 ans je travaille avec Fifi Magnétiseur qui est préparateur mental et magnétiseur. Depuis 2020 je stagnais au niveau de ma progression et j’avais du mal à trouver les solutions pour me faire à Big Panini. J’ai le syndrome de « la bonne élève » et je sais que techniquement je suis capable de comprendre et d’appliquer les choses « facilement » sur ma moto. Mais il me manquait quelque chose pour gravir de nouvelles marches. Un vrai travail sur la partie mentale.

Tout comme on s’astreint à un entrainement physique de notre « body », notre cerveau a lui aussi besoin d’un entraînement qui passe par des exercices qui ne s’inventent pas. Des solutions et des techniques utilisées dans la sophrologie qui permettent de faire travailler notre mental.

J’avais besoin également de mieux gérer mes émotions et d’apprendre à mieux me concentrer que ce soit une heure avant une compétition ou quelques secondes avant que le feu ne passe au vert.

Fifi m’a permis de franchir un cap, car je n’ai rien changé au niveau de ma « technique moto ». Je roule même moins souvent qu’avant. Mais je roule différemment et dans un autre état d’esprit. J’ai acquis des automatismes en ce qui concerne ma concentration et la gestion de mon stress. Je maîtrise également mieux les évènements inattendus que je peux être amenée à rencontrer sur la moto et sur la piste.

Je vous laisse en découvrir un peu plus au travers de cet article dans lequel je parle du « déclic » de rouler sous la pluie qui s’est opéré suite aux séances de travail avec Fifi.

Article « La pluie c’est dans la tête » (cliquer sur le lien)

Et si vous souhaitez le contacter c’est par ici 👇👇

Informations Fifi Magnétiseur (cliquer ici)


Les anges gardiens de nos tronches –  Avoir le bon casque (Dunlop, Le Vigeant, Navarra)

Pas la peine de vous rappeler qu’avoir un bon casque pour la piste c’est juste non négociable. Que ce soit sur de lourdes chutes ou lors d’impact de « boulons non identifiés » 🤣 dans la tronche, mes casque ont toujours fait le job ! Sans du matériel de grande qualité je reste persuadée que certaines de mes chutes auraient pu être beaucoup plus graves.

Equipement moto :

Combinaison et gants RST / Casque Race Star Flex / Dorsale Dainese / Bottes Alpinstar SMX Plus V2


Merci à mon kinésithérapeute d’amour Hadystance, à qui je donne beaucoup de travail depuis des années.

Merci à mon infirmière préférée Sophie qui en aura visité plus d’une fois « le musée des horreurs » 🤣 avec toutes mes cascades.

Merci à Fifi Magnétiseur avec qui je travaille depuis 3 ans maintenant. Il m’apporte énormément autant sur la préparation mentale que sur la gestion de mes émotions. Il m’aura énormément aidée à gérer ces moments difficiles que l’on peut aussi rencontrer lors des lourdes chutes.

Merci aux différents médecins, chirurgiens, infirmiers et personnels soignants que j’ai pu rencontrer sur ma route durant ces dernières années. Au-delà de leurs compétences qui m’ont permis d’être bien soignée avec le minimum de séquelles, il y a eu toute cette bienveillance peu importe les circonstances.

Merci à tous ces commissaires de piste, qui viennent nous « ramasser » nous et nos meules au fond des bacs et parfois ailleurs 🤣.

Merci à toute mon équipe et à mes ami(e)s à qui je fais parfois vivre quelques moments de stress et beaucoup d’émotions 🙈.